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Avec l'Association France-Palestine Solidarité 04, nous étions partis en Palestine avec un peu d'espoir. J'en reviens avec beaucoup d'inquiétudes.
Sharon a-t-il changé ? s'interrogent les journalistes en France et en Europe. La réalité, sur le terrain, c'est en tout cas l'édification du mur qui continue, malgré le jugement de la Cour Internationale de Justice de La Haye. Loin d'obéir uniquement à des préoccupations de sécurité, ce mur encercle et isole les villages palestiniens, en même temps que se développent très vite de nouvelles colonies israéliennes autour de Jérusalem, bloquant peu à peu tout développement futur pour Jérusalem-est.
La réalité, c'est que les contrôles sont toujours aussi nombreux et souvent vexatoires. C'est qu'une femme bloquée par la police israélienne a accouché sur un "check-point ". Ce n'est hélas pas la première fois et on pense à Yasser Arafat qui disait : " Nous avons fait un grand progrès : du temps de Jésus, Marie accouchait dans une crèche. Aujourd'hui c'est sur les check-points, que des femmes accouchent ! "
Certes, il semble que Sharon s'apprête effectivement à renoncer aux colonies israéliennes à Gaza. Mais c'est au prix de la création de nouvelles colonies, illégales, en Cisjordanie.
Alors, peut-on quand même garder espoir ? D'après les sondages, une majorité d'Israéliens comme de Palestiniens demeurent favorables à la paix, en particulier sur la base de l'initiative de Genève. Malgré tout ce qu'ils vivent, nous n'avons pas entendu des Palestiniens que nous avons rencontrés une seule parole de haine à l'égard du peuple israélien.
Au milieu des pires difficultés, les Palestiniens construisent une vraie démocratie, si rare au Proche-Orient. Ils font pousser, eux aussi, des arbres fruitiers dans le désert. Ils produisent, avec l'aide de l'association France-Palestine Solidarité, de la Chambre d'agriculture et du Conseil Général des Alpes de Haute Provence, une huile d'olive de très bonne qualité. Il faut encore obtenir, et nous nous y employons, que l'Union Européenne leur accorde des quotas d'importation.
Pour une vraie paix, il reste peu de temps. Il reste peu de temps aux citoyens, aux ONG, aux forces de progrès, et , je veux l'espérer, à la France et à l'Europe pour peser en faveur de l'ouverture de véritables négociations menant, enfin, à un Etat palestinien, à une paix juste et durable. Après les déceptions d'Oslo, il faut aller vers une solution politique qui aborde de front les questions centrales et qui ne soit pas encore une fois transitoire.
L'Europe et la communauté internationale doivent commencer par faire appliquer le droit international : c'est ce que nous ont dit tous les Ministres et responsables palestiniens rencontrés.
Lorsqu'il a reçu le 12 janvier une délégation conjointe du Collectif National pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens et de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, Jean-Louis Debré, Président de l'Assemblée Nationale, a envisagé la possibilité d'un débat sur la construction du mur et sur l'application des recommandations de la CIJ. C'est ce débat que je vais, avec d'autres collègues, lui demander d'organiser dans les meilleurs délais.
Jean-Louis
BIANCO
Président du Conseil général des Alpes de Haute Provence
et député.