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Communiqué
de l'AFPS
publié le dimanche 11 juillet 2004
Le
9 juillet, la CIJ a rendu son avis consultatif concernant le Mur qu'Israël
édifie en Cisjordanie occupée.
La
Cour s'est tout d'abord déclarée compétente et a
décidé de donner suite à la demande d'avis de l'ONU.
Les
15 membres de la Cour, excepté le juge américain, ont alors
jugé que le Mur israélien est illicite, que sa construction
doit être arrêtée, que les portions déjà
construites doivent être démantelées.
De
plus, les Palestiniens directement touchés par l'érection
déjà réalisée doivent être indemnisés.
Toutes les personnes physiques ou morales lésées par la
construction du Mur doivent obtenir réparation (restitution ou
indemnisation).
Ainsi
la Cour dit le droit, le réaffirme en appelant clairement à
la responsabilité de la communauté internationale par l'intermédiaire
de sa représentation, les Nations Unies.
La
Cour demande expressément aux Nations-Unies, en particulier au
Conseil de Sécurité des Nations-Unies d'imposer le démantèlement
de ce Mur illégal.
Il
n'est pas surprenant que les représentants israéliens aient
immédiatement rejeté le verdict de la Cour, appuyés
en ceci par leurs alliés américains, qu'il s'agisse de l'administration
Bush ou du candidat à la présidence démocrate John
Kerry ou encore de la sénatrice Hillary Clinton.
Le
gouvernement Sharon refuse encore une fois le droit qui régule
les relations internationales et auquel l'ensemble de la communauté
internationale est tenue de se conformer.
Même
la Cour Suprême israélienne a récemment condamné
le tracé du Mur à Jérusalem et demandé sa
destruction partielle, mais dans le même temps le général
Sharon demande d'intensifier sa construction.
Quant
aux Etats-Unis, on se rappellera que Mme Clinton en campagne électorale
sénatoriale demandait que l'ambassade des Etats-Unis soit déplacée
de Tel-Aviv à Jérusalem . De même on gardera en mémoire
la déclaration consternante mais éclairante de Kerry après
l'échange de lettre entre messieurs Bush et Sharon en avril 2004
où il souscrivait à une nouvelle « déclaration
Balfour ».
Le
soutien sans faille des Etats-Unis à un gouvernement qui se met
hors la loi disqualifie les dirigeants américains en tant que partenaires
de la paix.
De par leur parti pris systématique en faveur de la partie occupante,
les Etats-Unis réaffirment aujourd'hui qu'ils ne reconnaissent
pas le droit international.
Ils
s'isolent de la communauté internationale et ils font obstacle
à la paix.
L'Autorité
Palestinienne qui s'oppose à la construction de ce mur d'annexion
et qui en appelle depuis des mois à la conscience morale et à
la raison politique du monde, salue la décision de la Cour et demande
maintenant l'application du droit.
La
société civile palestinienne manifeste pacifiquement depuis
des mois pour s'interposer devant les bulldozers de l'armée israélienne
qui détruisent les terres des Palestiniens, leurs foyers et leurs
vies. Elle le paie souvent en vies humaines, la liste des morts et blessés
qui manifestent s'allonge quotidiennement. Elle vient aujourd'hui d'obtenir
une grande victoire symbolique.
Depuis
le 3 juillet Azmi Bishara, député à la Knesset, rejoint
par une dizaine de responsables palestiniens de la région de Jérusalem
et par des militants israéliens contre l'occupation et quelques
internationaux a fait une grève de la faim pour dénoncer
le mur et pour en appeler aux opinions publiques israélienne et
internationale. Cette action extrême et inhabituelle dans la stratégie
de résistance palestinienne à l'occupation témoigne
du désespoir et de la détermination des Palestiniens.
Nous
saluons la détermination de ces militants auxquels nous apportons
notre pleine solidarité.
La CIJ vient
d'apporter un souffle d'espoir à un peuple qui lutte pour la reconnaissance
de ses droits, contre l'occupation militaire qui l'étouffe inexorablement.
Il revient
maintenant à la communauté internationale de faire grandir
ce souffle, d'imposer le droit.
Ce samedi
Israël demande aux Etats-Unis de tout faire pour empêcher une
résolutions des Nations-Unies qui exigerait l'application du droit
et le démantèlement du Mur.
Le Conseil
de Sécurité des Nations Unies doit imposer à Israël
de se conformer au droit international, de démanteler le Mur.
Si le
gouvernement israélien continue à afficher son mépris
du monde et du droit, il faut lui appliquer des sanctions,
en particulier,pour l'Union européenne, la suspension de l'accord
d'association qui la lie à Israël.
Lors
d'un verdict déjà ancien, la CIJ avait dénoncé
l'illégalité des pratiques du régime d'apartheid
d'Afrique du Sud dans son agression de la Namibie. Les sanctions et le
boycott qui s'en étaient suivis puis s'étaient amplifiés
au niveau international avaient enclenché le processus de pressions
qui a mené à la fin de l'apartheid.
L'Afps
salue la décision de la CIJ.
Elle
demande au gouvernement français de jouer le rôle qui lui
incombe aux Nations Unis et dans le cadre de ses relations internationales,
pour faire prévaloir le droit international, par les pressions
qui s'imposeront.
Démantèlement
du Mur d'annexion !
Fin de
l'occupation !
Des sanctions
contre Israël tant qu'il ne se conformera pas au droit international
!
Consultez
le site de l'AFPS
Conséquences
juridiques de l'édification d'un mur dans le territoire palestinien
occupé
et
le site de la cour internationale de justice
Résumé
de l'avis consultatif du 9 juillet 2004
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