Association France Palestine Solidarité 04

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“De Palestine en Provence :
l’olivier notre culture commune.”

Monique Etienne


- HISTORIQUE DU PROJET DE COOPERATION

Notre projet part du constat que le droit des fermiers est spolié par l’occupation israélienne et le Mur, et qu’il faut soutenir les Palestiniens en les aidant à rester sur leur terre et à vivre de la vente équitable de leurs produits.
Soixante pour cent du peuple palestinien vit dans le monde rural, d’où l’importance de créer des sources d’emploi. L’agriculture représente 16% de la force de travail et 40 % du PNB. L’huile d’olive palestinienne est considérée comme la production la plus importante dans le secteur agricole palestinien. Elle constitue 27% du total de la production agricole. Par conséquent, l’huile d’olive est une très importante source de revenu pour 70 560 fermiers, repartis dans les différentes régions.
L’huile d’olive reste donc, un atout incontournable pour une stratégie de développement et de souveraineté alimentaire qui se fixe trois priorités : permettre aux agriculteurs de résister aux menaces de transfert, assurer la survie, améliorer les revenus des familles.

Nos objectifs sont :

  • la souveraineté alimentaire à travers le concept d’un développement soutenable, s’appuyant sur des ressources et des « savoirs faire » locaux.
  • Le partenariat avec des ONG palestiniennes qui constituent la société civile et qui travaillent dans un esprit coopératif . C’est pourquoi, nous travaillons avec l’Union des fermiers palestiniens et des moulins coopératifs.
  • l’aide à la commercialisation par le commerce équitable. C’est pourquoi nous avons choisi d’établir un partenariat avec la société Andines.
  • la construction de solidarités nouvelles notamment par la réalisation de programmes de coopération décentralisée qui conduisent à construire des jumelages entre des communes de Palestine et des communes françaises.

Ce projet nous permet de montrer les convergences culturelles qui unissent nos cultures méditerranéennes autour de l’olivier. Nous avons déjà pu constater la richesse des échanges qui se sont noués avec nos partenaires palestiniens ; combien ils aident à la connaissance et à la reconnaissance d’une autre culture, riche de ses traditions et de ses luttes ; et combien ils sont des supports pour combattre le racisme et l’exclusion de l’autre. Le fait que notre solidarité s’inscrive dans un projet concret autour de l’olivier permet d’élargir notre audience à un public large qui n’était pas sensibilisé à la réalité de l’occupation israélienne et au combat des Palestiniens pour leurs droits et de les impliquer comme des acteurs du projet.

Sur le plan de l’élargissement, ce projet a permis de développer des partenariats avec le Consulat Général de France à Jérusalem, avec 8 communes rurales qui ont décidé de créer une association de coopération intercommunale avec la Palestine, le Conseil Général et le Conseil Régional qui participent au financement du projet , la Chambre d’agriculture, le lycée agricole de Carmejane et des partenaires culturels, associatifs et économiques nouveaux.

Sur le plan politique, la dynamique du projet a permis l’engagement d’un certain nombre d’élus, dont Jean-Louis BIANCO, président du Conseil Général et député. Du 12 au 19 février, répondant à l’invitation de l’AFPS04, une délégation des Alpes de Haute Provence conduite par Jean-Louis BIANCO, président du Conseil Général, député socialiste et composée du Maire de Ste Tulle et Conseiller Général, Yannick PHILIPPONEAU, Gérard PAUL, maire adjoint des Mées, le Président de la Chambre d’Agriculture et le Directeur de l’Etablissement agricole de Carmejane, s’est rendue en Palestine pour l’inauguration du moulin oléicole de Saïda(région de Tulkarem) dont l’AFPS04 a cofinancé la rénovation et l’achat de cuves de stockage en inox (cf. article de JLBianco dans le dernier n° de PLP).

Il se trouve qu’aujourd’hui, ce projet oléicole correspond sur le terrain à une telle nécessité économique, qu’il prend une dimension très large, puisqu’il s’agit aujourd’hui, de la structuration de la filière oléicole palestinienne. Pour l’AFPS 04, la question se pose ainsi : comment se donner d’autres moyens de mettre en place, autour de ce projet, des relais politiques, économiques et militants, pour répondre aux exigences qu’induit le développement du projet.


EXPOSE DE LA PROBLEMATIQUE ET FORMULATION DU PROJET DE STRUCTURATION DE LA FILIERE OLEICOLE PALESTINIENNE.

Ce projet fait suite, plus particulièrement, à un travail de diagnostic réalisé au mois d’octobre 2003 qui définissait la mise en marché des huiles d’olive comme étant la problématique majeure sur laquelle il était nécessaire d’intervenir.


Rappel de la problématique sur laquelle l’AFPS 04 intervient en partenariat avec l’Union des Fermiers Palestiniens et le Consulat Général de France à Jérusalem.

  1. Avant la deuxième Intifada, le marché de l’huile d’olive était largement ouvert vers Israël notamment en direction des populations arabes palestiniennes. Le cours du litre d’huile directement rémunéré aux producteurs variait de 17 Shekels, cours le plus bas à 25 Shekels, cours le plus haut, soit, 3,5 euros à 5,2 euros (1 euro en oct 2003 = 4,83 Shekels – il est égal à 5,18 Shekels à ce jour).
    Depuis, les forces israéliennes interdisent les exportations vers Israël entraînant sur les territoires palestiniens une saturation des stocks et en conséquence la chute des cours. Ceux-ci varient à présent de 9 à 13 Shekels, soit de 1,85 euros à 2,7 euros, soit une chute des cours de l’ordre de 50 %.
  2. Le mur par l’annexion de territoires à l’intérieur de la ligne verte sépare des villages palestiniens et empêche, au-delà des conséquences humaines désastreuses, les échanges commerciaux. Les check-points ralentissent, voire immobilisent la circulation des denrées jusqu’à rendre presque impossible leur mise en marché.

Il s’ensuit l’installation d’une situation de pauvreté, voire de misère, de plus en plus grande.

Sachant que l’olivier constitue une des principales sources de revenus des zones rurales de Palestine, il est ainsi apparu nécessaire d’aider de toute urgence à l’organisation d’un marché qui ne peut être de toute évidence qu’orienté vers l’exportation.

Ce constat et cette hypothèse ont donné lieu en 2004 à la mise en œuvre d’une action pilote organisée autour de 3 moulins (Saïda, Biddya et Qabalan) qui ont reçu l’appui financier du Consulat Général de France et de l’AFPS 04 à hauteur de 43000 Euros. Suite à un voyage d’étude d’une délégation de 5 palestiniens sur l’olivier et l’huile d’olive qui a eu lieu en mai 2004 dans le sud de la France, cette action s’est étendue à 2 autres secteurs : Qereh (région nord de Salfeet) et Taybeh.

Résultats :

Si cette action a permis d’agir sur une organisation effective des fermiers, d’améliorer les conditions sanitaires des moulins concernés, d’aboutir à la réalisation effective d’une huile d’olive de qualité (environ 130 tonnes) et d’établir des liens privilégiés avec la société du commerce équitable « ANDINES » à Paris, elle a révélé une absence de cohésion et d’organisation de la filière en Palestine et le vide total d’un environnement technique, économique et scientifique.

Formulation du projet

Il s’appuie sur la même problématique et la même hypothèse énoncées précédemment et sur les résultats de l’action pilote conduite en 2004. Il doit également atteindre 2 niveaux :
1. un niveau politique, il se propose d’accompagner les quotas décidés dans le cadre des accords d’association en juin 2004 entre l’Europe et l’autorité palestinienne qui prévoit des quantités d’huile d’olive dédouanées à l’entrée des frontières européennes de 2000 tonnes en 2005 qui devraient progresser à 2500 et 3000 tonnes en 2007. Ces huiles devront répondre aux réglementations européennes, elles devront donc être de grande qualité.
2. un niveau économique, il se propose de relever le cours du marché sur les bases observées avant la deuxième Intifada, soit 15 shekels pouvant évoluer en fonction de la conjoncture économique et politique.

Orientations

La mise en œuvre du projet devrait ainsi aboutir au schéma suivant :

    • appui technique, organisation et formation des producteurs,
    • appui technique aux unités de transformation,
    • appui à l'encadrement technique et scientifique de la filière,
    • appui à la mise en œuvre d’une charte de qualité pré-figurative d’une reconnaissance officielle d’un signe de qualité (échéance entre 5 et 10 ans)
    • appui à la promotion et à la mise en marché des produits,
    • appui à la création d’une interprofession permettant l’organisation effective de la filière oléicole en Palestine.

Méthodologie

Le projet devrait s’étendre à 6 bassins de vie : Qalqiliya, Salfeet, Beïta, Tulkarem, Jénine et Ramallah.

Il devrait également conduire à la mise en marché de :

- 500 tonnes d’huile d’olive la 1ère année,
- 1000 tonnes la 2ème année
- 2000 tonnes, voire davantage la 3ème année.

Le marché devrait s’établir autour de :

- 50 % vers les pays occidentaux,
- 50 % vers les pays arabes.

Par ailleurs, à la fin de la 3ème année, 1500 fermiers devraient avoir été bénéficiaires de ce programme, soit 1500 familles, soit encore 8000 à 10000 personnes. Ces chiffres sont bien entendu appelés à évoluer les années suivantes.
D’autres résultats induits devraient se répercuter sur d’autres franges de la population (personnel des moulins, ouvriers pour la taille des oliviers et la récolte des olives…) ils sont pour le moment difficilement quantifiables.

« Nous sommes en train de réaliser une révolution oléicole »

L’enjeu de ce projet est capital, comme le résumait avec enthousiasme Wisam, le directeur de la coopérative de Qireh, qui grâce à l’opération pilote a pu produire et vendre une huile de très grande qualité : « Nous sommes en train de réaliser une révolution oléicole. » Quoi de plus encourageant que cette joie de l’un des producteurs s’exclamant : « Cette année, j’ai pu vendre mon huile à un prix correct ! »
A ce stade, le projet n’engage plus seulement le groupe local des Alpes de Haute Provence, mais l’AFPS dans son ensemble. Le rôle de l’AFPS s’avère essentiel pour la sensibilisation et la mobilisation du réseau pour l’achat des huiles d’olives du projet (c’est à dire un démarche de collaboration précise et transparente avec Andines). Il faut assurer un relais en France et plus largement en Europe auprès des entreprises de commerce équitable et/ou solidaire pour promouvoir les huiles de grande qualité issues du projet. Pour l’AFPS, il s’agit d’une solidarité qui permet d’aider concrètement la Palestine à mettre en place une logique de développement alternative d’envergure. C’est aussi pour nous une illustration concrète de notre engagement dans d’autres rapports Nord/Sud.

LE ROLE CENTRAL DE L’AFPS

L’AFPS serait le relais de communication et le pivot qui créerait une synergie et chercherait des soutiens à ce projet de développement local, en permettant :

  • un travail d'information sur le projet, ses tenants et ses aboutissants, auprès de divers organismes et institutions françaises et européennes.
  • la sensibilisation et la mobilisation d’un réseau pour l'achat des huiles d'olive du projet (mise en place d’une Convention avec Andines et le PFU, le PARC en Palestine)
  • un relais en France et plus largement en Europe auprès des sociétés de commerce équitable et/ou solidaire pour promouvoir les huiles de grande qualité issues du projet
  • la mise en commun des compétences avec nos partenaires de la Plateforme pour la Palestine, nos partenaires européens du CECP, les collectivités locales impliquées dans la coopération décentralisée avec la Palestine.
  • la mise en place de partenariats, par exemple entre la Confédération Paysanne et le PFU ; ou entre les Verts et le PHG.

L’implication de groupes locaux de l'AFPS:

• la mobilisation de fonds pour soutenir des projets oléicoles pilotes à l'instar de ce qu'a déjà fait l'AFPS 04 et les Alpes de Haute Provence à Saïda et de ce que s'apprête à faire l'AFPS Alsace à Qalqiliya. Déjà plusieurs groupes veulent se joindre au projet en soutenant des unités pilotes de production : le Havre, Palestine 45, Montpellier, Nice, Nîmes, La Rochelle….

• la mobilisation de fonds pour des projets transversaux sur ou autour des sites du projet: promotion des femmes, micro-credits, etc...


Propositions décidées en réunion de travail du BN, de l’AFPS04 et d’Andines :

• Tenue d’un séminaire en oct-nov, en Région PACA, avec les partenaires palestiniens, français et européens (membres plateforme, experts, ministère agriculture, coopération décentralisée, CECP, …).

• Organisation d’une table-ronde au premier salon international pour un commerce équitable, du 1 au 4 octobre, au Palais des Sports de St Ouen.

• Pour mener à bien cette action, il est nécessaire de se doter d’une commission nationale du même type que celle des parrainages. Vous pouvez vous y inscrire dès aujourd’hui.

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Nom …………………………………….


Comité………………………………………. Tel………………………………..e-mail………………………

 

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