Allocution de Denis BAILLE lors de la plantation de l’olivier à DIGNE le 2 décembre 2007
L’olivier est un symbole de paix, quel est le symbole du Droit et de la Justice ?
Cet olivier qui est le symbole de la paix dans le pays du Christ qui, pour ne parler que de son histoire récente, vient de subir soixante année de guerre, cet olivier qui peut être un symbole pour le Liban et la Palestine, la Provence et aussi Israël, cet olivier est aussi un arbre nourricier sur lequel les économies agricoles palestiniennes et libanaises sont essentiellement basées, cet olivier arraché, meurtri par les bulldozers à chaque construction militaire sécuritaire, répressive.
Cet olivier, nous l’avions déposé sur la voie publique quand nous étions nombreux ce 12 août à Digne pour manifester contre l’agression faire au Liban. Les gens qui passaient y accrochaient un ruban blanc avec un petit mot pour demander l’arrêt de la guerre.
Quelles que soient la position que l’on adopte par rapport à ce conflit et les raisons que l’on invoque ( car on parle bien de raison et non pas de délire ou de folie) quelles que soient donc les raisons que l’on invoque pour le continuer, sur quoi s’appuyer pour en demander l’arrêt ?
Il existe quand même pour nous qui ne sommes pas directement impliqués la notion de DROIT. Alors je sais bien que le droit ne coûte pas cher, qu’on le distribue allègrement ; tous le sans-logis ont droit au logement, tous les chômeurs en situation précaire ont droit au travail, tous les exilés, les déportés, les torturés, les réfugiés, les prisonniers arbitraires – palestiniens ou franco-colombiens – sont en principe protégés par la Convention de Genève et par les Droits de l’Homme .
Comment pourrait-on accorder au droit un quelconque crédit si on peur le bafouer avec tant de désinvolture ?
La guerre au Liban a été condamnée officiellement par la justice internationale par les Nations Unies ; maintes résolutions ont été prises dans le conflit israélo-palestinien, toutes ont été ignorées.
Comment pourra-t-on encore employer le mot « justice « et se référer à ces institutions si l’on accepte le mépris avec lequel sont traitées ses décisions ?! Quel est le poids du droit face à la force militaire , car si l’olivier est meurtri, le tribut payé par les hommes et les femmes - sur cette terre prétendument sans peuple – est bien plus lourd encore…
Nous sommes des citoyens du Monde, des citoyens d’Europe, des citoyens de France - ces citoyens réputés libres - nous avons le droit de revendiquer l’exécution du droit, nous avons le droit et le devoir d’exiger des représentants que nous avons choisis de faire respecter la
justice, le droit international.
Quelle image peut avoir ou donner une nation qui accepte que ses premières valeurs soient étouffées par le bruit des bombes ?!
Puissions-nous un jour pas trop lointain, arpentant la Square Bayetti, en voyant cet olivier nous souvenir que nos appels à la paix et à la justice – avec tous ceux criés dans le monde – ont été entendus.
PETIT OLIVIER de Kristian Delacroix (texte lu lors de la plantation de l’olivier, Digne, le 2 décembre 2007)
Petit olivier ; tu es là, porté par la jeunesse de ta ramure, investi de symboles par les peuples méditerranéens…
. arbre de vie…arbre de paix…arbre de liberté.
. de tes fruits coule l’huile qui nourrit, l’huile qui oint les corps.
. arbre nourricier pour les fermiers de notre région et les peuples alentour ;
. arbre de culture photographié, peint, stylisé, calligraphié.
. arbre qui puise ses racines dans la longue histoire des trois religions monothéistes.
. arbre de Provence mais aussi du Liban, de Palestine…chargé d’affects, autour duquel les familles se réunissent dans la joie et la fête au moment de la cueillette.
. arbre racine qui enracine ses peuples à la terre.
Est-ce un hasard si tes rameaux ont leur histoire dans les livres saints ?
Est-ce un hasard si l’oiseau de Picasso les porte dans son bec pour semer la paix dans le monde ?
Est-ce un hasard si un rameau était dans la main du Président ARAFAT pendant son intervention à l’O.N.U. ?
- Liban, année 2006 : le feu et l’acier des machines guerrières israéliennes sèment la désolation et la mort…cris de douleur des humains, craquement des oliviers foudroyés.
- -Palestine, année 2002 : l’armada des bulldozers accompagne les tronçonneurs israéliens protégés par les tanks et les soldats.
. Les oliviers tremblent et les fermiers palestiniens supplient , les femmes s’accrochent aux troncs…les hommes se dressent devant les soldats, impuissants…pour protéger leurs arbres et les sauver…
. Les monstres d’acier avancent, arrachent, cassent, broient l’arbre centenaire, l’arbre millénaire…
. Les hommes pleurent…les femmes pleurent, les oliviers gémissent…rameaux déchiquetés par les dents des tronçonneuses…sève perlant des branches blessées, exsangues…implorent le ciel…troncs à la renverse, déracinés par les griffes géantes.
.Tant d’années, tant de siècles pour offrir ta majesté au ciel, au soleil, aux oiseaux, à ton peuple… Palestine.
. Tant de persévérance pour s’enraciner dans ta terre…et quelques minutes pour tout ravager…arbres brisés…terre chavirée…
Place nette !…
Place nette pour que sur ta terre, devant les Palestiniens …se dressent des murs géants de béton glacial, de grillages acérés, de fossés, de caméras, de détecteurs…pour te boucler te surveiller…
- Tes oliviers ont disparu…
- Etaient-ils vraiment là ?…
Petit arbre enraciné ici, dans la terre provençale, à DIGNE…
Tu rappelles que les bulldozers et les tronçonneuses n’auront pas le dernier mot…
L’olivier ne meurt jamais.
On peut le couper à la tronçonneuse
On peut le déraciner …
Il repoussera toujours…éternel symbole de liberté et de paix.
Digne 2 décembre 2007
Journée du Commerce Equitable sous l’impulsion de la Mairie et organisée par le PILES - ( Pôle d’initiatives locales d’économie solidaire – Tristan KLEIN)
Journée froide et ensoleillée sur la place Gal de Gaulle, parmi les nombreux stands, du Mali à H.B. en passant par la Confédération Paysanne, entre Les Artisans du Monde et l’Unicef, tous « en rond » faisant une guirlande d’optimisme réaliste pour d’autres relations humaines. Kristian, Denis, Daniel, Nidal et moi-même étions présents .Le public également, intéressé et acheteur (5 cartons d’huile et de l’artisanat apprécié surtout par les aînés).
A 11h30, rendez-vous au square Bayetti où les élus (de la majorité seulement…) avec le maire en tête et nous, les membres de l’Afps04 – drapeau palestinien flottant !- avons planté l’olivier qui avait déjà reçu l’attention des dignois en août 2006. Kristian s’est exprimé dans un texte ci-joint sur toute la richesse symbolique de l’olivier et des malheurs qu’il subit dans la Palestine occupée ; Nidal et Marc ont lu un poème de Mahmoud Darwish , ensuite Denis s’est exprimé sur la politique de notre engagement. Enfin Monsieur le Maire, tête dénudée, a rappelé la tradition de résistance dans les Alpes de Haute Povence, et a exprimé le désir de la municipalité de s’inscrire, elle-aussi, dans cette résistance pour qu’un jour proche la Palestine voie le jour et qu’elle occupe, en attendant, notre attention. Message chaleureux qui nous a tous réjouis, devant la reconnaissance municipale de la cause du peuple palestinien. Une plaque – offerte par la ville de Digne – indique en lettres d’or sur fond vert olivier : « Provence –Liban – Palestine L’olivier notre culture commune« .On pourra trouver sur notre site des photos prises par les uns et les autres.
Durant toue la journée, un animateur a rappelé – entre autres – le travail de l’Afps04 et a invité les visiteurs à venir nous rencontrer et à se rendre à la salle d’exposition – salle du Père Hugues , où se trouvait l’exposition du Lycée agricole de Carmejane, pour voir égalment les films retenus : Des Murs et des oliviers et Palestine, une école en souffrance. M.D. |